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Tests Covid-19 : comment réaliser les différents prélèvements à l’officine ?

jeudi, 18 février 2021

L'Académie nationale de médecine donne la procédure de prélèvements des tests disponibles visant à détecter la présence du SARS-CoV-2 chez une personne malade ou asymptomatique.

Les prélèvements nasopharyngés

Si le recueil d'un échantillon de salive est aisé, il n'en est pas de même pour l'obtention d'un échantillon de sécrétion nasopharyngée, plus difficile du fait de la voie d'abord : il s'agit en effet de guider un écouvillon souple au travers de la fosse nasale pour atteindre le nasopharynx situé 5 à 6 cm en arrière de l'orifice narinaire. Cette technique de prélèvement, non dénuée de risques, doit s'appuyer sur une bonne connaissance des repères anatomiques.

La profondeur du prélèvement nasopharyngé doit tenir compte de la complexité de l'anatomie nasale et de ses variations congénitales ou relevant d'une pathologie naso-sinusienne sous-jacente. La cavité nasale est un espace étroit reliant le vestibule nasal en avant, au nasopharynx en arrière. Les deux cavités nasales, droite et gauche, sont séparées par une cloison, ou septum, fréquemment déviée ; de ce fait, les deux cavités nasales sont rarement symétriques. Lorsque l'on introduit un écouvillon dans la cavité nasale, il faut avoir une représentation spatiale de l'organe que l'on doit traverser, chaque cavité nasale ayant la forme d'un parallélépipède :
– en bas, la paroi inférieure sépare la cavité nasale de la bouche ; c'est le plancher nasal que l'écouvillon doit longer d'avant en arrière. Cela conditionne la position de la tête du sujet prélevé.
– en haut, la paroi supérieure sépare la cavité nasale de l'endocrâne, contenant le cerveau. Ce toit de la cavité nasale supporte en outre l'organe de l'odorat. C'est une zone de danger qu'il faut éviter en plaçant correctement la tête lors du prélèvement.
– en avant, la face antérieure est le vestibule nasal par lequel l'écouvillon sera introduit.
– en arrière, la face postérieure communique avec le nasopharynx, lieu du prélèvement.
– en dedans, le septum sépare la cavité nasale de l'autre cavité nasale. Cette cloison peut être l'objet d'anomalies anatomiques qui peuvent compliquer le prélèvement.
– en dehors, la cavité nasale est essentiellement en rapport avec les sinus de la face et l'orbite. Dans sa partie basse, elle supporte le cornet nasal inférieur que l'écouvillon doit suivre, parallèlement au plancher nasal (schéma). C'est à partir de cette paroi latérale que des éléments peuvent gêner le prélèvement, notamment des polypes issus des cavités sinusiennes.

Une fois que l'extrémité de l'écouvillon a traversé la fosse nasale et est parvenue dans le nasopharynx, elle se trouve dans une cavité en forme de cube, site du prélèvement sur la face postérieure. Les difficultés que l'on peut rencontrer lors de la traversée de la cavité nasale viennent essentiellement de variations anatomiques, plus rarement pathologiques. Ces anomalies sont fréquentes.

Figure : la flèche quasi horizontale indique le trajet que doit effectuer l'écouvillon

Les prélèvements salivaires

La salive qui, sous forme de postillons ou d'aérosols, sert de véhicule pour la transmission du SARS-CoV-2 de personne à personne, peut aussi être utilisée pour sa détection. Le virus peut gagner la salive à partir des muqueuses des voies respiratoires inférieures et supérieures où il se réplique, mais aussi par l'infection des glandes salivaires.

En pratique, un échantillon de salive peut être recueilli par crachat dans un récipient stérile (pot ou tube suffisamment évasé) ou par pipetage sublingual. Réalisable en auto-prélèvement, cette facilité de prélèvement convient aux dépistages de masse. En revanche, la composition hétérogène du liquide salivaire impose un certain nombre de précautions. Le recueil de l'échantillon doit respecter des conditions préalables (ne pas avoir mangé, ni bu, ni fumé depuis une demi-heure). Puis, une étape d'homogénéisation et de fluidification est nécessaire avant son transfert dans un tube de stockage, ces manipulations exposant à un risque de contamination et surchargeant l'étape pré-analytique.

Le prélèvement salivaire est couramment pratiqué au Royaume-Uni, en Allemagne ou aux États-Unis. En France, la Haute autorité de santé (HAS) l'a recommandé pour les personnes chez lesquelles le prélèvement rhinopharyngé est difficile comme les jeunes enfants, les personnes âgées ou les déficients mentaux. Malheureusement, sa pratique reste encore marginale en raison des contraintes techniques pré-analytiques et d'une sensibilité estimée inférieure à celle du prélèvement nasopharyngé par la HAS, mais considérée comme équivalente par d'autres méta-analyses.