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Greffe de rein par le vagin avec un robot : une première mondiale à Toulouse

jeudi, 20 août 2015

Le 9 juillet 2015, deux médecins ont réalisé une première mondiale : transplanter le rein d’une donneuse vivante à sa soeur par voie vaginale. Une nouvelle prouesse médicale réalisée à l’aide d’un robot chirurgical.

Par Camille Benkahla

Crédit photo : Nimur

Cinq incisions intérieures de 8mm

La médecine, comme les méthodes d’interventions chirurgicales, ne cessent de progresser. Le robot chirurgical a déjà permis de réaliser une centaine de transplantation rénales à travers le monde depuis 2001. Une machine grâce à laquelle une nouvelle opération novatrice, réalisée par le Dr Frederico Sallusto, chirurgien urologue responsable de la transplantation au CHU Rangueil de Toulouse et le Dr Nicolas Doumerc, expert en chirurgie urologique robot-assistée, a été un franc succès.

Les deux chirurgiens ont réalisé cinq incisions intérieures de 8 mm sur chaque patiente. Ils ont ensuite extrait le rein du corps de la donneuse pour le placer dans un sac plastique. Ce sac, enduit de gel lubrifiant, a été glissé dans la paroi vaginale de la receveuse. Une intervention qui « s’est déroulée à l’intérieur du corps, et ceci ne peut se faire que chez les femmes », explique le Dr Frederico Sallusto. L’utilisation d’un robot Da Vinci permet, d’après le CHU de Toulouse, une « diminution de la taille de la cicatrice, une atténuation de la douleur et du risque d’épanchement de liquide lymphatique et un traitement postopératoire moins lourd ».

Une « formidable aventure »

« Le rein a repris sa fonction une heure après sa transplantation » a déclaré le Dr Frederico Sallusto. « Les deux soeurs se portent bien aujourd’hui ». Une opération que Béatrice Perez, 43 ans et Valérie Perez, 44 ans, qualifient de « formidable aventure ». Béatrice Perez, la receveuse, est atteinte depuis son enfance d’une maladie auto-immune qui a détruit ses deux reins. Elle raconte, «ma soeur m’avait proposé d’être donneuse depuis la première fois, mais j’avais refusé. Au départ, je ne voulais pas de cette intervention. J’avais peur que ma soeur soit abîmée. Mais le chirurgien m’a convaincu ». Quatre jours après l’opération, les deux soeurs ont quitté l’hôpital. Aujourd’hui, leur convalescence chez leurs parents a déjà pris fin, et les deux soeurs ont pu retourner à leur vie quotidienne. Pour le Dr Sallusto, cette opération est une réussite, mais aussi « une avancée majeure », une opération dont il rêvait depuis trois ans.